Éditions GOPE, 228 pages, 13x19 cm, ouvrage illustré, 18.85 €, ISBN 978-2-9535538-5-7

mardi 17 avril 2012

EASY VOYAGE : SÉLECTION LIVRE DE LA SEMAINE

www.easyvoyage.com/livre/trois-autres-malaisie


TROIS AUTRES MALAISIE

Un livre a le pouvoir de faire voyager son lecteur, tout en restant immobile. Et c'est particulièrement le cas de Trois autres Malaisie. Ce recueil de quatorze nouvelles permet de découvrir les trois principaux visages de la population malaise. Qu'il soit Malais, Chinois ou Indien, chacun possède une histoire, des coutumes et des traditions... des origines différentes qui contribuent à la force du pays. A travers 14 nouvelles, le livre relatent des histoires de la vie. On apprécie particulièrement le choc des cultures relaté dans Mat Salleh, nouvelle présente dans la partie malaise du livre ; tout comme celle des amoureux déchirés par la routine quotidienne, que l'on trouve dans la partie chinoise du recueil. Ces histoires ont été écrites par Robert Raymer, adopté par la Malaisie depuis plus de 20 ans, et qui vit aujourd'hui sur l'île de Bornéo avec femme et enfants. Facile et rapide à lire, on en ressort grandi.

samedi 3 mars 2012

Email d'un lecteur

[…] cette fois-ci ma faute est de ne pas vous avoir parlé de ces Trois autres Malaisie !
© Pascal Hierholz
www.pascalhierholz.com/?p=23

J'ai tout lu avec beaucoup de plaisir. Je l'ai passé à ma femme pour recueillir un avis non inconditionnel de la Malaisie.

C'est, en moyenne, très plaisant à lire, et très descriptif des divers petits mondes malais. On peut absolument le recommander aux touristes, comme complément d'information : les Malaisie me semblent bien vues et bien décrites, avec de l'atmosphère et de bons récits des problèmes que les habitants se posent. Évidemment, il y a peut-être un peu trop de Mat Salleh pour mon goût personnel. J'aurais sans doute préféré plonger davantage dans les seules Malaisie sans étrangers. Mais l'auteur étant Américain, il était normal qu'il vive avec plus de réalisme les relations entre étrangers et Malais (de souches différentes, c'était amusant). 

Je ne pourrais vous dire quelles sont les nouvelles que j'ai préférées. Il me semble, à première vue, que chacune d'entre elles possède ses qualités propres, quelle qu'en soit la longueur. Peut-être suis-je conditionné depuis mon enfance à préférer ce qui est vraiment malais (ou malais d'origine) ?

Avec mes meilleurs sentiments,
R. F.

vendredi 2 mars 2012

www.eurasie.net/webzine/spip.php?article1060


Tout voyageur qui met un pied en Malaisie s’aperçoit assez rapidement que le pays a – au minimum – trois visages principaux : malais, chinois et indien. Une composition triple qui découle de siècles de commerce, d’échanges et de rencontres. L’auteur de ce recueil de nouvelles, Robert Raymer, pouvait difficilement échapper à cette tripartition. Qui donne lieu à des variations très différentes les unes des autres.

Côté malais, on assiste à l’arrivée d’un étranger à la peau blanche dans sa belle-famille malaise. Et on réalise qu’il est fort compliqué d’être un « mat salleh ». Le choc des cultures, bien entendu, mais aussi celui des traditions, présenté dans une autre nouvelle, où de jeunes musulmanes vont avoir toutes les difficultés du monde à lutter contre les traditions.

Dans la partie « chinoise », changement de ton : l’heure est aux relations amoureuses… qui tournent mal. Un couple d’amants tombe dans les excès de la routine jusqu’au déchirement. Un second duo se retrouve de manière effrayante au-delà de la mort.

Enfin, la partie indienne nous présente une histoire effrayante : celle d’un avocat, assis devant le comptoir d’un bar, et dont l’ivresse cache un terrible secret. Au final, un enchevêtrement d’histoires qui glissent entre les cultures, les langues et les traditions.

Très dépaysant.

Emmanuel Deslouis

mercredi 28 décembre 2011

Singapore Sling

Les amants anonymes : John Glasgow est un écrivain accompli et reconnu. Ses romans cachent toutefois une sombre vérité qu’il n’est pas encore prêt à admettre. Sa rencontre avec Valérie, une Chinoise de Penang, va bouleverser son monde bien rangé, et sa vie à jamais.

© Ikon Visuals
www.flickr.com/photos/ikonvisuals


Extrait :

Elle n’était peut-être qu’une apparition. S’il avait cru cela possible, alors cette femme – cette hallucination – ne pouvait être que Rebecca. Mais, malgré toutes les histoires macabres qu’il avait entendues depuis qu’il était arrivé à Singapour, il ne croyait toujours pas aux fantômes.
Rebecca, elle, y avait cru, et elle lui avait même promis que, si elle le pouvait, elle reviendrait le hanter. Après tout, c’était lui qui avait eu l’idée du suicide.
Lorsque la vue sur la fontaine se dégagea, il n’y avait plus la moindre trace de la femme. Elle semblait avoir disparu, mais n’est-ce pas là ce que font d’ordinaire les revenants ?

lundi 12 décembre 2011

Ce vendredi, à George Town sur l’île de Penang

Les vendredis : une journée comme une autre à George Town, sur l’île de Penang. Mais dans un taxi, le narrateur fait la rencontre d’une jeune Malaise perdue dans ses pensées. Elle ne quittera alors plus les siennes.

© Chot Touch
www.flickr.com/photos/pseudo_hatred/3303161759/in/set-72157614053349929

Extrait


Le chauffeur, pressé lui aussi, commence à prendre des virages bien serrés. Par deux fois, la femme et moi nous nous heurtons. Cependant, son regard demeure rivé sur ces deux pages, et ses larmes ne cessent de couler.

Je jette un coup d’oeil sur sa main gauche, si proche de la mienne. Pourquoi je ne la touche pas ? Puis de nouveau je me rappelle que je suis un étranger ici, un invité dans ce pays. Si elle avait été Chinoise ou Indienne ou Eurasienne, cela aurait été différent. Ou si ses habits avaient été moins traditionnels – si elle avait porté un t-shirt et un jean. Mais une Malaise, portant un baju kurung et un voile… en public ? Dans un taxi ? Si seulement nous étions seuls ; si seulement j’avais plus de temps pour lui parler et m’assurer qu’elle va bien. Et si elle ne parlait pas ma langue ?

vendredi 4 novembre 2011

Trois autres Malaisie est illustré...

... d'une douzaine de dessins noir et blanc réalisés par des artistes locaux ou ayant vécu sur place de nombreuses années, comme Cubby Allsopp, une retraitée anglaise, dont voici ci-dessous un inédit.

© Cubby Allsopp

















Extrait de Symétrie
L’odeur du thé croupissant s’insinue en elle. Elle retrousse ses narines et par trois fois, cligne rapidement des yeux. Le besoin d’apaiser une piqûre de moustique sur sa jambe droite se fait impérieux. Elle tend la main et se gratte pour faire taire cette distraction, les yeux toujours rivés sur la tasse.
[...]
Un sourire satisfait se dessine sur ses lèvres, mais il s’est à peine installé, qu’une douleur soudaine s’empare de ses côtés. Surprise, la fillette pousse un hurlement qui brise le calme matinal ; elle se lève d’un bond et heurte involontairement du pied l’assiette qui s’en va renverser la tasse et la soucoupe. La blatte morte vogue sur la vague de thé qui se déverse.

Coup de projecteur sur le traducteur de Trois autres Malaisie

Jérôme Bouchaud










Nombre d'auteurs étrangers sont connus, voire célèbres, mais qui se souvient du nom de leurs traducteurs ? Pourtant, ces travailleurs de l'ombre jouent un rôle déterminant et quelques fois pas seulement en tant que passeurs de mots mais aussi en tant que découvreurs.

Sans Jérôme Bouchaud, Trois autres Malaisie n'aurait probablement pas vu le jour. En effet, Lovers and Strangers Revisited de Robert Raymer, édité chez MPH, n'est disponible qu'en Malaisie, et ce malgré un succès d'estime et commercial local, certaines nouvelles de ce recueil étant aujourd’hui régulièrement intégrées au cursus d’études littéraires des lycées du pays.

Jérôme Bouchaud vit depuis neuf ans en Asie dont cinq passés en Chine et quatre en Malaisie. Il a écrit et contribué à une dizaine de guides du Petit Futé pour l'Asie du Sud-Est et il est aussi l'auteur de Malaisie, modernité et traditions en Asie du Sud-Est (éditions OLIZANE). Ce parcours en faisait donc un candidat de choix pour la traduction de ces histoires qui ne se veulent pas le compte-rendu d’un narrateur au point de vue extérieur, mais résultent au contraire de l’immersion même de son auteur dans la peau qui d’une jeune étudiante malaise, qui d’un grand-père chinois, qui d’une enfant indienne…