Éditions GOPE, 228 pages, 13x19 cm, ouvrage illustré, 18.85 €, ISBN 978-2-9535538-5-7

mercredi 25 mai 2016

Trois autres Malaisie... en version numérique !

Trois autres Malaisie est désormais disponible en version ebook, pour lecture sur ordinateur, tablette, liseuse, smartphone, etc.

PDF (illustrée), 8.99 €, ISBN 979-10-91328-37-1; EPUB, 8.99 €, ISBN 979-10-91328-38-8


Proposé en version PDF avec illustrations noir et blanc et en EPUB (sans illustrations), il peut être :

1- acheté sur Numilog ou sur votre plateforme habituelle (Amazon, iTunes, Kobo-FNAC, etc.).
2- lu en streaming sur Youboox.


dimanche 20 janvier 2013

Votre petit fil d'Ariane en Malaisie


Trois autres Malaisie de Robert Raymer



Ce recueil ne parle pas uniquement de la Malaisie, il respire la Malaisie. Quelques passages semblent tirer en longueur alors que certains vous aggripent, vous tenant en haleine, pour au final, d'un ton juste, traduire le fidèle reflet de tranches de vies ici. On glisse d'un chapitre au suivant, baignant entre communautées malaise, chinoise et indienne, comme on regarderait à travers un kaléidoscope. Ces quatorze nouvelles sont proches de ces croyances, de ces traditions propres à la Malaisie, de tout ce que l'on ne voit pas non plus, de ce que l'on ne devine pas. "Trois autres Malaisie" se fait le juste écho d'une plongée au coeur de cette terre aux couleurs bigarrées. Il se lit comme un journal, comme un saut dans l'histoire d'un être, puis d'un autre. Comme un voyage, faisant escale d'une vie à une autre, sans fioritures inutiles. Robert Raymer apporte un regard vrai et authentique à celui qui serait curieux de découvrir au fil des mots non pas le, mais les différents visages que porte la Malaisie.

Alexandra, janvier 2013
http://www.easy-malaisie.com/des-livres-sur

vendredi 27 juillet 2012

Robert Raymer : un Américain peut-il écrire une nouvelle malaisienne ?

Il y a deux mois, l'éditorialiste du New York Times, Liesl Schillinger, fit remarquer que, dans la sélection des écrivains en lice pour le National Books Awards 2009, « trois des cinq candidats, dans la catégorie fiction, n'étaient pas nés aux États-Unis et que deux d'entre eux vivaient à l'étranger ». Elle posa alors la question suivante : « Qu'est-ce que cela signifie d'écrire un roman américain si l'on n'a même pas besoin d'une adresse postale américaine pour le faire ? »

En examinant les nouvelles et essais de Robert Raymer, cette question est d'actualité, mais cette fois-ci replacée dans le contexte de la Malaisie. Écrire un livre malaisien, cela signifie quoi au juste ?
Une adresse locale ?
Raymer en a une et ce depuis juillet 1985. Il a enseigné, depuis, à l'université Sains Penang et à Malaysia Sabah. Il déclare : « Après l’obtention de mon diplôme à l'université de Miami, j'ai parcouru l'Europe, sac au dos, pendant trois mois ; puis, deux ans plus tard, l’Extrême-Orient et l’Asie du Sud-Est, Kuala Lumpur incluse. Je rencontrais continuellement des personnes qui prenaient des congés pour faire des recherches et écrire un livre. Super idée ! En bossant chez Kinko, dans le Wisconsin, j'ai rencontré une jeune diplômée qui venait de Malaisie, elle était étudiante en journalisme. Elle m'a fait connaître quantité de magazines sur la littérature. Je les ai littéralement dévorés. Après notre mariage, nous avons rendu visite à sa famille, en Malaisie, et j'ai écrit ma première nouvelle, Mat Salleh (incluse dans Trois autres Malaisie) ».

Dans cette nouvelle, mélange de fiction et de réalité, Raymer écrit à la première personne. Il est l'étranger qui pénètre un monde tropical « de kampungs aux maisons sur pilotis et de plantations de palmiers, de cocotiers et d’hévéas. » Un monde qui « contrastait radicalement avec les vingt centimètres de neige que nous venions de quitter aux États-Unis ». Il observe, parfaitement conscient de ne pouvoir comprendre les nuances des codes culturels locaux et il met toute sa volonté et son énergie pour essayer de les déchiffrer.
Quand on l'accueille, pour la première fois, avec des grands « Mat Salleh ! Mat Salleh ! », il remarque le regard courroucé que porte sa femme aux enfants, mais ne comprend pas ce qui cloche. Plus tard :
« On me fit asseoir sur le plancher. Croisant les jambes, je me rendis compte que j’avais oublié de laisser mes tennis au pied de l’escalier, là où toutes les autres paires avaient été abandonnées, éparpillées.
Heureusement, Yati ne s’était aperçue de rien. Discrètement, je passai les preuves de ma première bourde sociale à Haris, qui les déposa pour moi au pas de la porte. »

Raymer écrit avec humilité que l'Autre c’est lui et non ceux qui sont les sujets de ses observations et commentaires, et qu'il doit se frayer un chemin dans cette culture.

En effet, on trouve d'autres nouvelles dans Trois autres Malaisie dans lesquelles le narrateur est un individu pour lequel la Malaisie est un pays étrange, enveloppé de mystère et empreint d'humidité comme c'est le cas dans Les vendredis.
Dans Naufrage – bien qu'écrite à la troisième personne – Ross, un professeur américain, se retrouve dans un programme de jumelage local. L'histoire commence par une banale conversion entre l’enseignant et Mlle Ooi, la réceptionniste :
« Tu as dû te convertir, n’est-ce pas, quand tu t’es marié avec Nora ? demanda Miss Ooi.
Ross hésita. En effet, il s’apprêtait à quitter le travail, après une longue journée passée à conseiller des étudiants malaisiens qui souhaitaient faire un deuxième cycle aux États-Unis.
— Oui, répondit-il, en jetant un coup d’œil au New Straits Times ouvert sur le bureau de la réceptionniste. C’était pas grand-chose, à vrai dire. J’étais déjà circoncis. Sinon, ça aurait été plus gênant.
— Oui, les Chinois doivent aussi y passer lorsqu’ils se convertissent, dit Miss Ooi en levant les yeux de son point de croix. »
L'histoire se poursuit jusqu'à révéler les tensions sous-jacentes à une conversion religieuse de convenance.

© M.A.M08
www.flickr.com/photos/33488374@N03/
L’expatrié n’est pas le personnage principal, ou même secondaire – tapi dans un coin, à commenter la vie, quelques degrés au-dessus de l'équateur – de toutes les nouvelles de Raymer : Le guetteur traite d'un vieux Chinois et de sa famille. Pas d'expatrié non plus dans À l'Hôtel de la Gare ou Hari Raya.
Ces nouvelles-là ont pour sujet une Malaisie dont les habitants sont plus vrais que nature. L'observateur et narrateur de leurs actions, bien qu'il ne soit à aucun moment ouvertement déclaré, est un Malaisien. Ou du moins, une voix qui semble malaisienne. Elle transpire la « Malaisi-tude ». Les Malaisiens qui liront ces nouvelles penseront qu’elles ont pour protagonistes des gens qu'ils connaissent : leurs voisins, leurs collègues de travail, ou ceux qu'ils rencontrent sur le trajet, pour se rendre au boulot, dans le bus ou dans le train. Ces histoires révèlent l'authenticité des existences malaisiennes.

Tash Aw, Shamini Flint, Preeta Samarasan et Twan Eng Tan sont quatre Malaisiens qui vivent et écrivent à l'étranger – respectivement au Royaume-Uni, à Singapour, en France et en Afrique du Sud. L'adresse postale n'a donc rien à voir. Le fait qu'une œuvre de fiction soit malaisienne ou pas tient plus à la façon dont les perspectives, valeurs, existences et interactions sociales inhérentes au pays prennent vie. Raymer déclare : « puisque je vis ici, il me semble naturel d'écrire sur la Malaisie. De plus, j'ai tous ces voisins et membres de ma famille que je peux observer de près. Mais eux aussi m’observent ! Quand je ne comprenais pas un point culturel, celle qui est maintenant mon ex-épouse, une journaliste, me l'expliquait. »

Lovers and Strangers Revisited < N.d.E : le titre original de Trois autres Malaisie > a remporté le populaire Star Reader's Choice Award  2009, dans la catégorie Fiction. Cette consécration doit être la confirmation que la démarche de Raymer est la bonne et doit interpeller les Malaisiens. Oui, un Américain peut écrire des nouvelles malaisiennes…

S. H. Lim






www.timeoutkl.com, Kuala Lumpur, Malaisie.
Traduit de l’anglais par Laurence Ricciardi-Soler.

jeudi 14 juin 2012

Multiple Malaisie



Une immersion dans le quotidien et les coutumes traditionnelles des communautés malaise, chinoise et indienne de Malaisie : c'est ce que nous propose Robert Raymer dans ce recueil de quatorze nouvelles agréablement illustrées. Au fil de ces récits nous est livré le portrait d'une société composite, à la richesse culturelle fascinante, où les communautés se croisent mais peinent aussi parfois à se mélanger. Un dépaysement rare, au sujet d'un pays dont on parle peu.
Petit futé mag, n°38, mai-juin 2012

lundi 7 mai 2012

Douce tristesse


Une impression de tristesse se dégage de Trois autres Malaisie de Robert Raymer. Vous ressentez la solitude, l’affliction, la frustration. Les personnages semblent pris au piège de leur petit monde, certains sont même si égocentriques qu’ils sont incapables de voir au-delà de leur nombril.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ces histoires sont intéressantes. Mais elles sont tristes ! Le bonheur semble absent de la vie des protagonistes. Vous pourriez reconnaître la majorité d’entre eux, bien qu’ils ne soient pas réduits à des stéréotypes ; ils ressemblent à des gens que vous avez dû rencontrer quelque part, à quelque occasion, et auxquels vous n’avez jamais franchement fait attention avant qu’ils ne soient mis au premier plan dans ce livre étrangement émouvant.

© mekYEH
www.flickr.com/photos/mekyeh/4288089684/in/set-72157623117458685
En fait, c’est ce qui, à mes yeux, rend Trois autres Malaisie touchant : son caractère authentiquement malaisien. Je ne lis pas beaucoup de livres écrits par des Malaisiens (ou des auteurs vivant en Malaisie), alors je ne suis pas la mieux qualifiée pour comparer. Par contre, j'ai vraiment apprécié de pouvoir reconnaître les personnages de ces histoires et pour certains, je pouvais même m'identifier à eux.
Prenez par exemple Les pierres saintes. C’est typiquement malais de penser qu’un homme qui a l’air d’un religieux est forcément honnête ; dans ce cas, on comprend très bien pourquoi Roshma lui achète des pierres magiques aussi chères. Mais cette histoire ne se termine pas exactement comme toutes ces escroqueries qui sont relatées dans les journaux, parce que Raymer y a rajouté un élément qui vous fait vous demander… et si ?

Considérez ensuite La chambre de grande sœur, où l’auteur décrit la jalousie d’une petite fille pour son aînée qui a droit à un traitement de faveur. On voit les choses par les yeux de la fillette, avec ses mots, en toute innocence. Cependant, Raymer laisse supposer avec subtilité que quelque chose ne tourne pas rond, et c'est effectivement et malheureusement le cas.

Les vendredis est l’une de mes préférées. Les personnages sont si bien campés qu'ils prennent littéralement vie, vous pouvez presque les voir et les entendre. Cette nouvelle est très réaliste et les interactions entre les différentes races sont résumées d’une manière que je ne pensais être possible que de la part d’un Malaisien.
Le protagoniste essaie vraiment de comprendre l’autre passager, une Malaise, il désire savoir ce qui la préoccupe. Pendant ce très court trajet en taxi, les émotions naissent si intensément qu’elles finissent par devenir une obsession. Sauf qu’il laisse passer le moment sans rien faire et qu’après, il est trop tard. Si seulement…

Il y a beaucoup de « si seulement » dans ce livre…

Certaines histoires mettent en scène des expatriés, certains d’entre eux ne trouvent pas leur place en Malaisie où tout leur est si étrange et différent. Dans la plupart des cas, Raymer décrit des comportements dont nous avons tous été les témoins ou acteurs, et il réussit même à ce que nous nous mettions dans la peau de ces expatriés ; nous voyons alors les choses à leur façon. Mat Salleh, où une jeune Malaise présente son mari américain à sa famille dans son village natal, en est le meilleur exemple.

Dans cette autre histoire de couple mixte, Naufrage, […] un étranger suit son épouse malaise ici, mais leur mariage tourne court et il reste coincé dans un pays qui ne lui semble plus du tout accueillant. Triste !

Les amants anonymes a toutefois une fin plus heureuse bien qu'elle ait une tonalité lugubre. C’est assez intéressant de voir comment un homme peut être attiré par le même genre de femmes auto-destructrices sans se rendre compte qu’il se met en danger lui-même à chaque fois.

Je dois avouer que j’ai été agréablement surprise par Trois autres Malaisie même si je me suis sentie un peu mélancolique en le refermant. Mais, quelquefois, la mélancolie a une action libératrice…

Dzireena Mahadzir
The Star, Petaling Jaya, Malaisie


mercredi 18 avril 2012

Un visage auquel on pouvait faire confiance

Les pierres saintes : confrontée à la maladie de son mari, Rosmah fait confiance à un marchand itinérant et achète trois pierres saintes aux pouvoirs surnaturels. Mais suffiront-elles à le sauver ?

© Orange Bread
www.flickr.com/photos/orangebread/560406609/



Extrait :

Face à lui, Rosmah se sentit brusquement gênée, mais aussi étrangement soulagée. Elle se prit vite d’affection pour cet homme au visage affable et honnête, à la fine moustache et à la barbichette bien taillée. Un doux sourire semblait errer en permanence sur ses lèvres et une étincelle luisait au fond de ses yeux marron mi-clos. Quand elle vit les écrits coraniques entre ses mains, Rosmah s’en voulut de l’avoir dévisagé aussi longtemps.
[...]
« Vous m’avez dit que votre mari était malade. Je puis peut-être vous aider. »
Ces mots réjouirent Rosmah, bien que temporairement. Elle avait déjà entendu semblables paroles. Elle lui raconta tout au sujet des médecins et de leurs opinions contradictoires. L’un avait parlé de cancer de l’intestin, l’autre d’un problème au foie, voire d’une hémorragie interne. Les bomohs envoyés par Omar avaient tenté divers remèdes et lancé diverses incantations, toutefois rien n’y faisait et l’état de Yusof empirait.
Haji Abdullah acquiesça poliment et prit la parole.
« J’ai ramené des pierres spéciales de La Mecque.
Il plongea la main droite dans l’une de ses poches de devant pour en extraire deux cailloux d’un blanc opaque, qu’il exposa sur sa paume tendue.
Ces pierres saintes peuvent guérir les malades et sauver les mourants. Mais vous devez croire.
— Je… je ne sais pas.
— Il est important pour vous de croire, reprit-il. Depuis combien de temps votre mari est-il malade ?
Rosmah ne pouvait détacher son regard des pierres. D’une voix calme, elle répondit :
— Cinq mois.
— Ces pierres saintes peuvent guérir votre mari. Mais vous devez y croire, sinon elles ne marcheront pas. »

mardi 17 avril 2012

EASY VOYAGE : SÉLECTION LIVRE DE LA SEMAINE

www.easyvoyage.com/livre/trois-autres-malaisie


TROIS AUTRES MALAISIE

Un livre a le pouvoir de faire voyager son lecteur, tout en restant immobile. Et c'est particulièrement le cas de Trois autres Malaisie. Ce recueil de quatorze nouvelles permet de découvrir les trois principaux visages de la population malaise. Qu'il soit Malais, Chinois ou Indien, chacun possède une histoire, des coutumes et des traditions... des origines différentes qui contribuent à la force du pays. A travers 14 nouvelles, le livre relatent des histoires de la vie. On apprécie particulièrement le choc des cultures relaté dans Mat Salleh, nouvelle présente dans la partie malaise du livre ; tout comme celle des amoureux déchirés par la routine quotidienne, que l'on trouve dans la partie chinoise du recueil. Ces histoires ont été écrites par Robert Raymer, adopté par la Malaisie depuis plus de 20 ans, et qui vit aujourd'hui sur l'île de Bornéo avec femme et enfants. Facile et rapide à lire, on en ressort grandi.

samedi 3 mars 2012

Email d'un lecteur

[…] cette fois-ci ma faute est de ne pas vous avoir parlé de ces Trois autres Malaisie !
© Pascal Hierholz
www.pascalhierholz.com/?p=23

J'ai tout lu avec beaucoup de plaisir. Je l'ai passé à ma femme pour recueillir un avis non inconditionnel de la Malaisie.

C'est, en moyenne, très plaisant à lire, et très descriptif des divers petits mondes malais. On peut absolument le recommander aux touristes, comme complément d'information : les Malaisie me semblent bien vues et bien décrites, avec de l'atmosphère et de bons récits des problèmes que les habitants se posent. Évidemment, il y a peut-être un peu trop de Mat Salleh pour mon goût personnel. J'aurais sans doute préféré plonger davantage dans les seules Malaisie sans étrangers. Mais l'auteur étant Américain, il était normal qu'il vive avec plus de réalisme les relations entre étrangers et Malais (de souches différentes, c'était amusant). 

Je ne pourrais vous dire quelles sont les nouvelles que j'ai préférées. Il me semble, à première vue, que chacune d'entre elles possède ses qualités propres, quelle qu'en soit la longueur. Peut-être suis-je conditionné depuis mon enfance à préférer ce qui est vraiment malais (ou malais d'origine) ?

Avec mes meilleurs sentiments,
R. F.

vendredi 2 mars 2012

www.eurasie.net/webzine/spip.php?article1060


Tout voyageur qui met un pied en Malaisie s’aperçoit assez rapidement que le pays a – au minimum – trois visages principaux : malais, chinois et indien. Une composition triple qui découle de siècles de commerce, d’échanges et de rencontres. L’auteur de ce recueil de nouvelles, Robert Raymer, pouvait difficilement échapper à cette tripartition. Qui donne lieu à des variations très différentes les unes des autres.

Côté malais, on assiste à l’arrivée d’un étranger à la peau blanche dans sa belle-famille malaise. Et on réalise qu’il est fort compliqué d’être un « mat salleh ». Le choc des cultures, bien entendu, mais aussi celui des traditions, présenté dans une autre nouvelle, où de jeunes musulmanes vont avoir toutes les difficultés du monde à lutter contre les traditions.

Dans la partie « chinoise », changement de ton : l’heure est aux relations amoureuses… qui tournent mal. Un couple d’amants tombe dans les excès de la routine jusqu’au déchirement. Un second duo se retrouve de manière effrayante au-delà de la mort.

Enfin, la partie indienne nous présente une histoire effrayante : celle d’un avocat, assis devant le comptoir d’un bar, et dont l’ivresse cache un terrible secret. Au final, un enchevêtrement d’histoires qui glissent entre les cultures, les langues et les traditions.

Très dépaysant.

Emmanuel Deslouis

mercredi 28 décembre 2011

Singapore Sling

Les amants anonymes : John Glasgow est un écrivain accompli et reconnu. Ses romans cachent toutefois une sombre vérité qu’il n’est pas encore prêt à admettre. Sa rencontre avec Valérie, une Chinoise de Penang, va bouleverser son monde bien rangé, et sa vie à jamais.

© Ikon Visuals
www.flickr.com/photos/ikonvisuals


Extrait :

Elle n’était peut-être qu’une apparition. S’il avait cru cela possible, alors cette femme – cette hallucination – ne pouvait être que Rebecca. Mais, malgré toutes les histoires macabres qu’il avait entendues depuis qu’il était arrivé à Singapour, il ne croyait toujours pas aux fantômes.
Rebecca, elle, y avait cru, et elle lui avait même promis que, si elle le pouvait, elle reviendrait le hanter. Après tout, c’était lui qui avait eu l’idée du suicide.
Lorsque la vue sur la fontaine se dégagea, il n’y avait plus la moindre trace de la femme. Elle semblait avoir disparu, mais n’est-ce pas là ce que font d’ordinaire les revenants ?

lundi 12 décembre 2011

Ce vendredi, à George Town sur l’île de Penang

Les vendredis : une journée comme une autre à George Town, sur l’île de Penang. Mais dans un taxi, le narrateur fait la rencontre d’une jeune Malaise perdue dans ses pensées. Elle ne quittera alors plus les siennes.

© Chot Touch
www.flickr.com/photos/pseudo_hatred/3303161759/in/set-72157614053349929

Extrait


Le chauffeur, pressé lui aussi, commence à prendre des virages bien serrés. Par deux fois, la femme et moi nous nous heurtons. Cependant, son regard demeure rivé sur ces deux pages, et ses larmes ne cessent de couler.

Je jette un coup d’oeil sur sa main gauche, si proche de la mienne. Pourquoi je ne la touche pas ? Puis de nouveau je me rappelle que je suis un étranger ici, un invité dans ce pays. Si elle avait été Chinoise ou Indienne ou Eurasienne, cela aurait été différent. Ou si ses habits avaient été moins traditionnels – si elle avait porté un t-shirt et un jean. Mais une Malaise, portant un baju kurung et un voile… en public ? Dans un taxi ? Si seulement nous étions seuls ; si seulement j’avais plus de temps pour lui parler et m’assurer qu’elle va bien. Et si elle ne parlait pas ma langue ?

vendredi 4 novembre 2011

Trois autres Malaisie est illustré...

... d'une douzaine de dessins noir et blanc réalisés par des artistes locaux ou ayant vécu sur place de nombreuses années, comme Cubby Allsopp, une retraitée anglaise, dont voici ci-dessous un inédit.

© Cubby Allsopp

















Extrait de Symétrie
L’odeur du thé croupissant s’insinue en elle. Elle retrousse ses narines et par trois fois, cligne rapidement des yeux. Le besoin d’apaiser une piqûre de moustique sur sa jambe droite se fait impérieux. Elle tend la main et se gratte pour faire taire cette distraction, les yeux toujours rivés sur la tasse.
[...]
Un sourire satisfait se dessine sur ses lèvres, mais il s’est à peine installé, qu’une douleur soudaine s’empare de ses côtés. Surprise, la fillette pousse un hurlement qui brise le calme matinal ; elle se lève d’un bond et heurte involontairement du pied l’assiette qui s’en va renverser la tasse et la soucoupe. La blatte morte vogue sur la vague de thé qui se déverse.

Coup de projecteur sur le traducteur de Trois autres Malaisie

Jérôme Bouchaud










Nombre d'auteurs étrangers sont connus, voire célèbres, mais qui se souvient du nom de leurs traducteurs ? Pourtant, ces travailleurs de l'ombre jouent un rôle déterminant et quelques fois pas seulement en tant que passeurs de mots mais aussi en tant que découvreurs.

Sans Jérôme Bouchaud, Trois autres Malaisie n'aurait probablement pas vu le jour. En effet, Lovers and Strangers Revisited de Robert Raymer, édité chez MPH, n'est disponible qu'en Malaisie, et ce malgré un succès d'estime et commercial local, certaines nouvelles de ce recueil étant aujourd’hui régulièrement intégrées au cursus d’études littéraires des lycées du pays.

Jérôme Bouchaud vit depuis neuf ans en Asie dont cinq passés en Chine et quatre en Malaisie. Il a écrit et contribué à une dizaine de guides du Petit Futé pour l'Asie du Sud-Est et il est aussi l'auteur de Malaisie, modernité et traditions en Asie du Sud-Est (éditions OLIZANE). Ce parcours en faisait donc un candidat de choix pour la traduction de ces histoires qui ne se veulent pas le compte-rendu d’un narrateur au point de vue extérieur, mais résultent au contraire de l’immersion même de son auteur dans la peau qui d’une jeune étudiante malaise, qui d’un grand-père chinois, qui d’une enfant indienne…

samedi 22 octobre 2011

À paraître en novembre

Nous mettons la dernière main à Trois autres Malaisie et il sera disponible très prochainement. En attendant, voici une bio succincte de l'auteur.

Robert Raymer













Robert Raymer vit depuis plus de vingt ans en Malaisie, son pays d’adoption. De ses premières années à Penang en tant qu’enseignant, il a tiré ces nouvelles hautes en couleur, et ses chroniques ont longtemps garni les pages du quotidien New Straits Times. Il réside aujourd’hui à Kuching, sur l’île de Bornéo, avec sa femme Bidayuh et leurs deux fils.

Plus d'information au sujet de Robert Raymer sur fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Raymer

lundi 30 mai 2011

La malaise, la chinoise et l’indienne

Les éditions GOPE vous invitent à découvrir Trois autres Malaisie : la malaise, la chinoise et l’indienne, avec quatorze nouvelles de Robert Raymer…
En voici un avant-goût.

La malaise













Mat Salleh : loin de son Amérique natale, dans un kampung malais, le narrateur rencontre pour la première fois sa belle-famille. À l’occasion de son mariage, il découvre un monde parfois déconcertant de traditions qui lui étaient jusque-là inconnues.

Les pierres saintes : confrontée à la maladie de son mari, Rosmah fait confiance à un marchand itinérant et achète trois pierres saintes aux pouvoirs surnaturels. Mais suffiront-elles à le sauver ?

Le regard : Matemah connaît par cœur le chemin qui mène au cimetière du village, là où est enterrée sa mère. Depuis sa plus tendre enfance, elle s’y sent comme chez elle. Pourtant, ce jour-là, elle se sent observée.

Les vendredis : une journée comme une autre à George Town, sur l’île de Penang. Mais dans un taxi, le narrateur fait la rencontre d’une jeune Malaise perdue dans ses pensées. Elle ne quittera alors plus les siennes.

Hari Raya : Hari Raya, le jour de fête par excellence pour la communauté malaise. Rina en profite pour retourner dans sa famille et célébrer l’évènement avec ses proches. Mais l’absence de son père et les non-dits perturbent l’atmosphère festive.
Extrait
Elle rejoignit ses sœurs, se disant au fond d’elle-même que les kuihs étaient de toute façon toujours meilleurs quand ils étaient faits maison. Elle était comme replongée en enfance, dans une époque heureuse et insouciante. C’est alors qu’une sirène retentit. Toutes trois interrompirent leurs tâches pour se regarder.    
« La nouvelle lune est arrivée ! s’écria Sharifah.
— On fête Hari Raya demain ! entonnèrent Rina et Mira. »

Symétrie : la fillette se tient debout dans la cuisine, au milieu de la vaisselle sale de la veille. Dans une tasse de thé à moitié pleine, immobile et imperturbable, gît l’objet de sa fascination : un cafard mort.

Naufrage : Les errances et les déconvenues d’un jeune Occidental en Malaisie, patrie de son épouse, où il a du mal à s’intégrer. Sur fond de déchéance sentimentale, la question du retour au pays se fait jour.


La chinoise














Les voisins : Johnny a, semble-t-il, voulu en finir en ingérant du désherbant. De retour de l’hôpital, ses voisins Koh et Tan deviennent vite l’attraction de leur petite rue de Penang. Dans cette Malaisie en miniature, la litanie des commérages débute inexorablement.

À l'Hôtel de la Gare : Michele Yeap connaît bien l’Hôtel de la Gare de Kuala Lumpur : elle y a passé la première nuit de sa lune de miel. Lorsqu’elle y retourne, cette fois avec son amant, les lieux n’ont pas changé, mais ses sentiments, eux, vont basculer. 

Le guetteur : Yeoh, survivant de l’occupation japonaise et aujourd’hui arrière-grand-père, surveille du coin de l’œil les gamins de sa rue, toujours prêts à se moquer de lui. Le soir du Nouvel An chinois, malgré la venue de sa famille, il continue de guetter.
Extrait
Le vieux toise le gamin d’un air mauvais, et celui-ci se recroqueville dans l’entrée. Tous deux s’étudient avec une suspicion mutuelle. Finalement, Yeoh écrase sa cigarette et fait signe à Andrew de s’approcher pour qu’il puisse mieux le voir. Puis, il fourre la dernière ang pow dans la poche du môme.

Les amants anonymes : John Glasgow est un écrivain accompli et reconnu. Ses romans cachent toutefois une sombre vérité qu’il n’est pas encore prêt à admettre. Sa rencontre avec Valérie, une Chinoise de Penang, va bouleverser son monde bien rangé, et sa vie à jamais.

L'indienne













Le futur avocat : Clark Gable, Indien de Penang, n’attend qu’une chose : faire partie de la clique d’avocats de la ville. Mais avant cela, il faut qu’il retourne finir son droit au Royaume-Uni. Là-bas, un secret lourd à porter pourrait bien mettre fin à son rêve.

La chambre de Grande sœur : Grande sœur a tout pour elle : l’amour de Maman, une chambre rien qu’à elle, et beaucoup d’amis. Papa et Tonton tiennent également beaucoup à elle, mais pour d’autres raisons. Petite sœur saura-t-elle protéger son héroïne ?
Extrait
Maman prépare des chapatis et du thé pour le petit-déjeuner. Je n’ai droit qu’aux chapatis. Aux plus petits. Pas au thé. Grande sœur a droit au thé, et Maman ne lésine pas sur le sucre. Pas pour Grande sœur. Maman ne refuse jamais rien à Grande sœur. C’est pour ça qu’elle a tout, même sa propre chambre.

Teh-o à Kuala Lumpur : à la terrasse d’un coffee shop de Kuala Lumpur, le narrateur et son amie ceylanaise assistent à l’arrivée de deux touristes occidentales au style plutôt indécent. L’occasion pour l’assistance de se rincer l’œil, et pour l’auteur de réfléchir à son expérience d’expatrié.

vendredi 25 mars 2011

Escapade en Thaïlande

Escapade en Thaïlande, une nouvelle de Robert Raymer qui ne sera pas incluse dans Trois autres Malaisie, est disponible gratuitement sur simple demande.
Contactez-nous à : troisautresmalaisie@gmail.com

Extrait :

Le gérant du Kingman Hotel de Hat Yai scrutait les deux Occidentaux. Échoués dans le hall d’entrée, ils lisaient un journal en diagonale, discutant de leurs projets en attendant que le déluge s’arrête. Ils s’avéraient être américains, mais ils auraient tout aussi bien pu être australiens, britanniques ou allemands. Leur nationalité exacte importait peu : ils étaient occidentaux. La couleur de leur peau pouvait donc être exploitée, par eux-mêmes et par les autochtones…

Flairant la bonne affaire, le gérant – un Thaïlandais mince et affable que les deux hommes avaient déjà rencontré à quelques reprises dans le hall – s’approcha d’eux le sourire aux lèvres. Il plaisanta au sujet de la pluie et rit de sa propre blague. Les deux hommes restèrent de marbre, l’examinant même avec une forte dose de soupçon – comme ils l’auraient fait avec tout autre Asiatique les approchant sans raison apparente. Il se présenta sous le nom de Jek et voulut savoir s’ils avaient besoin de ses services. Tandis qu’ils écoutaient son boniment, leur attention s’égarait de temps en temps vers les autres clients de l’hôtel, des Malaisiens pour la plupart à en juger par les journaux qu’ils lisaient ou leur apparence. Ces derniers – qu’ils fussent malais, chinois ou indiens – venaient ici pour les massages, les prestations spéciales qui vont avec et les « tiger shows », ces spectacles à caractère sexuel au cours desquels de jeunes Thaïlandaises réalisent des prouesses avec leur vagin : fumer une cigarette, lancer des fléchettes sur des ballons gonflables ou en extraire des lames de rasoir. Des touristes occidentaux et asiatiques d’âge moyen arrivaient par cars entiers pour y assister.

Jek invita les deux hommes à prendre un verre. La pluie semblant partie pour durer, ceux-ci acceptèrent. Ils le suivirent jusqu’au fond du hall d’entrée, passèrent devant l’ascenseur et arrivèrent dans une petite salle de restaurant. Hormis un routard en train de manger des tartines et des œufs tout en prenant des notes, il n’y avait personne et toutes les places étaient libres. Ils se dirigèrent vers une table d’angle marquée « Reserved ».
 […]
Copyright © Robert Raymer 2008. Titre original : Transactions in Thai
Copyright © Éditions GOPE, mars 2011, pour la version française
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jérôme Bouchaud

samedi 12 mars 2011

Les éditions GOPE vous invitent à découvrir...

Trois autres Malaisie :
Couverture réalisée par Studio Bull, © Éditions GOPE
Crédit photographique

Couverture © Georgios M.V.

Vignettes, 4e de couverture :
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